jeudi 17 avril 2008

Stax, Un Label De Légende ...



Rappelez vous, je vous avez proposé un dossier sur le berceau de ce label aux sonorités groovesque. Il s'agissait d'un article sur la ville de Memphis. Je vais en profondeur vous compter les nombreuses signatures de ce label de légende aux doigts qui claquent.
La mission s'avèrera difficile depuis que Firefox n'affiche plus mes petits lecteurs vous permettant d'écouter les titres des artistes dont je fais l'écho. Mais pour les macusers, Safari affiche toujours ces players salutaires...
Rien ne destine les deux créateurs de la STAX à faire carrière dans la musique. Pourtant Jim STEWART (ST...) et Estelle AXTON (...AX), frère et sœur dans la vie, sont les parents légitimes de ce grand nom dans le monde de la musique.
Les débuts se font sous le nom de SATELLITE. Rien ne laisse présager alors un avenir aussi prometteur pour le petit label car les associés n'y croient guère et quittent le navire rapidement. Jim STEWART, lui, y croit dur comme fer et demande à sa sœur de l'aider. Elle accepte et hypothèquera même sa maison pour cautionner l'avenir de SATELLITE.
C'est en 1959 que tout commence réellement. Jim STEWART enregistre son premier groupe, les VELTONES, avec l'aide de son bras droit et guitariste Chips MOMAN. Ce premier enregistrement lui ouvre les portes du milieu du Rhythm & Blues. Sa rencontre avec le chanteur et disc-jockey Rufus Thomas permet l'entrée de SATELLITE dans les charts grâce au morceau "Cause I love you" sous le double nom de Carla et Rufus Thomas.
Par la suite, Jim STEWART signe un accord de licence et de distribution avec Jerry WEXLER, propriétaire d'Atlantic Records, basée à New York. Cette collaboration sera un des éléments clés de la réussite de SATELLITE.
"Gee Whiz" interprétée par Carla THOMAS accède aux classements dans lesquels on retrouve toutes les grandes compagnies, et s'installe dans le top 10 R&B et pop de Billboard. Mais Jim STEWART ne se contente pas de ce premier succès, et se lance à la recherche de nouveaux talents.
"Last Night" interprété par les Mar-keys sort en juin 1961. Il connaît un succès au-delà des espérances de STEWART. Le titre se hissera à la deuxième place des hits parades noirs et à la troisième place du Hot 100 Pop. Cette vente de plus d'un million d'exemplaires oblige SATELLITE à se renommer. En effet, une compagnie californienne du même nom a jugé bon de faire valoir son antériorité, réclamant une somme astronomique à Jim STEWART et Estelle AXTON. Ces derniers y voient l'opportunité d'un changement de cap de leur compagnie. Ainsi naîtra STAX et le destin qu'on lui connaît.
C'est le début d'une nouvelle ère: l'intégration va jouer un rôle important dans le son STAX. Steve CROPPER, batteur blanc, prend l'initiative de réunir le batteur noir Al JACKSON Jr, vétéran de la scène R&B, le bassiste blanc Lewis STEINBERG et le jeune organiste noir Booker T-JONES pour constituer la section rythmique de la STAX. A l'automne 1962, le groupe classe son titre "Green Onions" un instrumental, numéro un R&B et au top 100. C'est la première fois dans l'histoire de la compagnie qu'un instrumental atteint un tel classement.
Durant la décennie 1960, Booker T et The MG's, ainsi que les équipes de production, notamment celles formées par Isaac HAYES et David PORTER seront au cœur de la réussite de STAX. On parlera alors du MEMPHIS SOUND.
Le disc-jockey de Washington Alvertis ISBELL, dit Al BELL, sera un personnage clé de l'histoire de STAX. Cet homme ambitieux et intelligent conduit la compagnie de Jim STEWART et Estelle AXTON à jouer un rôle majeur dans l'industrie du disque, tout en assurant son propre avenir. En multipliant les tournées, STAX assure la réputation du MEMPHIS SOUND jusqu'à concurrencer la MOTOWN qui régnait sans partage sur ce créneau.
Le professionnalisme et le charisme de Al BELL attirent de nouveaux talents. Johnny TAYLOR en est le chef de file en devenant le plus gros vendeur de la compagnie à partir de 1968.
Au début des années 70, le rachat de STAX par GULF + WESTERN va permettre à Al BELL de disposer d'une plus grosse assise financière et de reconstituer le catalogue, plus de trente albums seront produits en moins de deux ans. En effet, la diffusion de la musique ne se fait plus par le biais du single mais par le 33 tours. Et c'est l'album d'Isaac HAYES, "Hot Buttered Soul" qui marquera la réussite de cette stratégie.
Progressivement, le terme de MEMPHIS SOUND disparait et par la même ses artistes fondateurs : Carla THOMAS, Steve CROOPER et Booker T JONES.
Forte de son évolution plus orientée SOUL avec l'arrivée de nouveaux artistes comme The Bar-Kays, Soul Children, Frederick KNIGHT, STAX n'oublie cependant pas sa vocation politique et éducative vis-à-vis de la population afro-américaine. Le label continue de s'illustrer dans plusieurs projets. Les deux plus importants seront la B.O. de la production hollywoodienne "Shaft" signée par Isaac HAYES, et le concert légendaire de la WATTSTAX.
Le 20 août 1972 à Los Angeles, STAX organise ce qui deviendra le deuxième plus grand évènement de l'histoire de la communauté noire américaine après la marche sur Washington organisée en 1963 par le Révérend Martin Luther King Jr.
Mais l'ambition d'Al BELL provoquera la plus grande crise au sein de la compagnie, notamment par la signature d'un accord de distribution avec CBS, qui permettra à cette dernière de se débarrasser d'un concurrent trop encombrant, et de s'imposer sur le marché R&B avec PHILADELPHIA INTERNATIONAL RECORDING.
A la veille de 1975, STAX ferme définitivement, suite à des malversations financières découvertes par le Fisc.

Carla Thomas : Gee Whiz


The Mar-Keys : Last Night


Otis Redding : The Dock Of The Bay

lundi 14 avril 2008

Blonde Redhead : Misery Is A Butterfly



Et voici l'une des quatre galettes ramenée de mon bref passage parisien. Il est à noter que je cherchais cet opus désespérément et qu'il fallut me rendre à la capitale pour en dégoter un exemplaire...
Diversité des bacs, quand tu nous tient...
Il s'agit du sixième album du célèbre trio new-yorkais, Blonde Redhead. La légende veut que les membres de ce combo se soient rencontrés dans un restaurant italien. Ne me demandez pas l'intérêt de cette info probablement fabriquée, mais je la trouve de partout sur le net et c'est le genre de détails qui m'amusent.
Quand est il de ce son ?
C'est toute la classe et le décalage néo-romantique qui m'attire dans cet opus à la vision passéiste qui se traduit jusqu'au visuel de l'album. Quatre années de préparation pour délivrer cet opus magistral. Quatre années durant lesquelles un des deux frères eut un accident équestre dont le groupe fait allusion tout au long de l'album et sur le livret. Le soucis du détail est donc présent, et c'est exactement ce qui me plait.
Pour tomber dans cet univers sonore qui nous traverse, tel un nuage fin parcourant notre ciel phocéen, je vous conseille les titres chantés par la délicate voix féminine de Kazu Makino. Le son de cette voix vous transperce tel une bouffée de pipe d'opium dans un boui-boui asiatique new-yorkais que l'on retrouve dans "Il Etait Une Fois l'Amerique".
Ce son est bien loin des premières productions du groupe que l'on comparaient à celles de Sonic Youth. C'est d'ailleurs sur le label du batteur de Sonic Youth que leurs premières réalisations virent le jour.

Blonde Redhead : Elephant Woman



Le Site Officiel: www.blonde-redhead.com
La Page Myspace: www.myspace.com/blonderedhead
Un Site Français: www.brh.free.fr

Et Une Nouvelle Galette A Remporter ...


Le concours précédent a été remporté assez facilement par Arthur de Marseille. Il s'agissait de l'album de Maceo Parker "Funkoverload".
Et voici, dans un registre électro le prochain opus à remporter.
La règle reste la même, le premier qui trouve le nom de l'artiste, du groupe ou du collectif remporte le disque.
Alors, bonne chance et amusez vous bien...

Coldplay : Viva La Vida



Le titre de ce quatrième opus annoncé de courte durée ne portera pas le nom de "Prospekt", mais bel et bien l'emblème d'un autre Martin (Chris aurait il une filiation avec Ricky ?): "Viva La Vida"...
Alors voici le tracklisting de cet opus enregistré en grande partie à Barcelone et produit par Brian Eno:

01 - Life In Technicolor
02 - Cemeteries Of London
03 - Lost!
04 - 42
05 - Lovers In Japan/Reign Of Love
06 - Yes
07 - Viva La Vida
08 - Violet Hill
09 - Strawberry Swing
10 - Death And All His Friends

Et Un Aller Retour Rapide



Au lieu de rester au calme dans ma petite ville phocéenne, j'ai décidé hier matin de prendre le train direction Paris pour passer une journée sous la pluie.
J'ai revu des amis, et j'ai pu m'éclipser le temps d'un quart d'heure dans une des quatre maisons O'CD (celle de Bastille). Et bien, en un quart d'heure, quatre albums sont tombés dans mon sac de pécheur. Dont le dernier Watcha Clan.
Et là l'idée de prendre pour thème pour la prochaine Muzik In Mars Say Yeah !!!, cette chansons française qui nous enthousiasme. Tout simplement parce qu'elle est rarissime et qu'elle vaut donc le coup de projecteur. Je vous tiens au courant...

samedi 12 avril 2008

Ô Semaine Folle ...



Je suis toujours vivant !!!
Plus rien ne m'arrête, si ce n'est le temps qui file encore plus vite que ma démarche d'homme pressé. Et le constat est celui ci, pas de post pendant toute une semaine. Je m'en excuse et vous promet des séances de rattrapages.
A venir, donc, les découvertes musicales de ma semaine folle. Et c'est ainsi que j'enchaine avec ... Fancy !!!
De l'énergie musicale, voilà ce que m'inspire l'écoute de cette galette.
Pas de barrière musicale, on oscille entre le glam, le punk, la disco et le heavy métal. Rien que ça...
Mais attention, toujours avec classe, et une classe toute française. Originaire de Montreuil, les musiciens sont menés par un fou chantant à la voix andorgyne qui répond au doux nom de Jesse Chatton.
Les paillettes heavy metalisées françaises sont les ingrédients pour cet opus sulfureux et flamboyant. C'est tout cette musique et ce décorum qui habite ma tête depuis deux semaines.
Merci Fancy pour cette claque de bonheur. Un seul regret, la durée limitée des ces onze plages qui habitent "Kings Of The Worlds"...

Fancy : Dressed To Kill




La Page Myspcae: www.myspace.com/welovefancy

dimanche 6 avril 2008

Fiona Apple : Extraordinary Machine



Je continue dans mon périple dominical pianistique avec le dernier opus de la jolie Fiona Apple. La dernière livraison de la pomme américaine a une saveur toute particulière, beaucoup moins empreintée de cette folie musicale des deux premiers opus.
Mais il est toujours bon de retrouver ce timbre de voix si charmeur. De l'estime, du respect et pas mal de bons moments. Le piano reste devant, qui accompagne les mélodies toujours fraiches de cette artiste qui a su ne pas tomber dans le piège du rythme de sortie d'albums qu'imposent les majors. Alors, oui il est moins fou, oui il est moins osé, mais qu'est ce que c'est cool pour un Dimanche...
Je pense à ce mistral qui souffle, et qui souffle sans cesse, rendant ce soleil de plomb de moins en moins perceptible. Cette production agit comme ce vent phocéen, il masque la délicatesse des mélodies. Oublions, un temps, ces interventions Spectoriennes et concentrons nous sur le titre. Imaginons le nu, sans toute cette panoplie d'instruments. Ça y est, on la retrouve la Fiona Apple !!!

Fiona Apple : Extraordinary Machine

Thelonious Monk : In France



Rien de mieux qu'un bon album de Jazz pour ouvrir les yeux un Dimanche matin ensoleillé et radieux. Après une semaine délicieuse de travail durant laquelle j'ai vu rentrer plus de mille CD dont le choix est varié mais toujours de qualité.
Mais revenons à cet album enregistré live en France, le 18 Avril 1961.
Thelonious Monk, au piano pour les personnes qui découvrent le personnage, se produit avec on quatuor. A savoir un saxophoniste (Charlie Rouse), un contre bassiste (John Ore) et un batteur (Franckie Dunlop). Une heure Monkienne comme je les aime, une dose d'humour, une dose de génie et toujours ce swing pianistique qui n'appartient qu'à lui. Si il devait y avoir un seul représentant d'un piano jazz libre, je lui décernerai le prix sans hésiter.
Et comme je pense à votre Dimanche Matin, voici une version de "Just A Gigolo" assez courte mais toujours aussi groovy et dissonante, Thelonious Monk quoi...

Thelonious Monk : Just A Gigolo

jeudi 3 avril 2008

Devendra Banhart : Smokey Rolls Down ...



Dans mon imaginaire, il a le rôle du gourou d'une secte musicale dans laquelle on retrouverait les deux sœurs de Coco Rosie, Joanna Newsom ou encore le talentueux Antony Hegarty.
Il est américain, il a vécu une partie de son enfance au Venezuela, puis est revenu sur le sol américain. C'est durant son retour sur les terres de l'Oncle Sam qu'il découvre la guitare, les titres de Syd Barret, les prodigieuses harmonies vocales d'un Nusrat Fateh Ali Khan très hippie.
Et voici ma transition toute trouvée, Hippie et non pas Hype. Car voici ce que je reproche au personnage, sa Hype Attitude, au détriment de sa musique. Une médiatisation à côté de la plaque. Au lieu de se montrer avec toutes les stars cinématographiques un tant soit peu underground, le jeune homme (il a 27 ans) qui a le génie d'une psyché folk devrait adopter le profil d'une Vashti Bunyan pour qui il doit porter une estime certaine.
Pour ce qui est du son, je dois avouer aimer le côté léger de sa musique. En écoutant son dernier opus, je visualise un drap blanc se baladant dans le ciel, happé par le mistral de notre cité phocéenne. Cette musique faite de guitare classique, de percussions, de flûtes et brillamment mise en valeur par la voix d'un Devendra au poncho lorsqu'il chante en Espagnol. D'autres moments plus intimes lorsqu'il s'empare d'un répertoire proche de celui d'un Nick Drake Super Star...

Devendra Banhart : Cristobal



Le Site Officiel: www.devendrabanhart.com
La Page Myspace: www.myspace.com/devendrabanhart

Midlake : The Trials Of Van Occupanther



Peter Parker est Spiderman. Le journaliste binoclard, Clark Kent, est le super héros que l'on appelle Superman. Chaque héros a pour consigne d'avoir des responsabilités face aux pouvoirs qui lui auront été attribués. Pourquoi je m'embarque dans cette vision héroïque du monde ?
Tout simplement pour vous parler de la musique de Midlake. Les texans ont délaissé leurs synthétiseurs pour devenir les héros d'une pop folk américaine toute traditionnelle. En écoutant la galette, je pense (et cela sans caricature) à "Rumours" de Fleetwood Mac. C'est tout gentiment orchestré. C'est doux et mélancolique comme pourrait l'être un Neil Young sauvagement agacé par les vicissitudes de la vie.
Contrairement à leur premier opus tout en surprise et quelque peu déroutant (et donc intrigant), ce deuxième album fait table rase sur les grandes envolées lyriques et musicales, et propose une collection de titres agréables.
Mais Midlake peut il proposer uniquement de l'agréable ?
Pas sûr, et c'est là que je retombe sur ma vision des responsabilités des supers pouvoirs que les membres ont mis de côtés après leur toute première réalisation.
Vite Midlake, remets ton costume Or et Rouge que tu exhibes sur cette pochette, seule trace d'une folie artistique qui fut si bonne à recevoir en pleines oreilles il y a quatre ans de cela...

Le Site Officiel: www.midlake.net
La Page Myspace: www.myspace.com/midlake