J'étais resté sur une impression de déception en découvrant le précédent opus du duo Goldrappien. J'avais été jusqu'à les voir sur scène, en ouverture d'un concert de Coldplay à Marseille. Et l'impression d'usurpation d'une stature musicale était flagrante... Un triste tableau qui contrastait avec un premier album que j'avais énormément apprécié. La voix de Alison Goldfrapp collait aux sons créés par un Will Gregory qui s'inspirait des symphonies d'un Mahler en mode trip hop. Un son et une voix qui me faisaient penser aux premières tentatives vocales de l'énigmatique Alison, lorsqu'elle parcourait l'Europe avec Tricky. Le premier opus du duo, "Felt Mountain" sortait en fin de vague Trip Hop, et pourtant il était frais. Il sentait la frêle inspiration de deux gamins qui ouvraient leurs boites de Pandore. Cette impression je la retrouve, enfin, dans leur dernier opus, "Seventh Tree". Une galette aux douces saveurs. Un voile visuel habite les plages de l'album. Un filtre rendant flou ce qui pourrait être trop évident. C'est toute la réussite de cet opus. Goldfrapp a rangé les arrangements trop évidents et criards pour retrouver cette ambiance enfumée, parfois folk, souvent de bons gouts. Et l'envie d'éteindre les lumières et de me laisser porter par des rêves hallucinogènes tout en écoutant les quarante minutes très planantes de cet album composé au fin fond de la campagne anglaise.
Et voici un des quatre opus acquis pendant mon escale dominicale parisienne. En m'emparant de la jolie pochette cartonnée, je n'avais aucune idée du son qui se cachait à l'intérieure. Car c'est bel et bien l'objet qui me poussa à dégainer la carte bleue. Une impression d'aventure sonore, une vague intuition d'expérience Indiana Jonesque musicale. Et bien l'aventure est au rendez-vous. Un son pop Rock avec tout ce qu'il faut de guitares, une voix à tomber et un son de batterie bien profond avec un pied de grosse caisse comme je les affectionne tant. Mais qui est Dark Star ? C'est une formation anglaise née sur les cendres de Levitation, une formation mise à mal par les excès qui font du rock anglais ce qu'il est, si empreint de folie et tellement authentique. The Dark Star sort "Twenty Twenty Sound" chez EMI en 1999. A ce moment là, les trois musiciens pensent qu'ils ont fait la bonne affaire commercialement parlant. Ils ne se plient qu'à leurs exigences en déléguant la production à une connaissance de longue date. Et sur ce point, on peut saluer le côté obscur et très rock des neuf titres qui habitent la galette. Pour le reste, l'avenir prouvera qu'une signature chez une Major a parfois des effets néfastes. En effet, le groupe n'aura plus aucune actualité. Dissout dans le désintérêt total, les musiciens en relisant les interviews de promotion l'auront certainement un peu mauvaise. On parle d'une reformation et de la sortie d'un second opus. Une idée toute remplie de mélancolie... Mais seuls les albums parlent après la dissolution d'une formation, et cet album là, il raconte d'excellentes choses. Un conseil pour les aficionados de ces rencontres anglaises loin des sentiers d'une pop beaucoup trop empreintés.
Voici une découverte personnelle. La formation marseillaise existe depuis belles lurettes, mais ce n'est que très récemment que j'ai pu associé au nom du groupe le son qu'ils diffusent. C'est en écoutant Radio Grenouille que je suis tombé sur une interview de Sista K, tête pensante, femme intelligente, croisement de chemins entre un père berbère et une mère juive d'origine de l'Europe de l'Est. La musique qui se cache dans cet opus est une ôde à la liberté. On devine un monde peuplé de nomades aux cœurs frais et démunis de toute pensée négative. Car c'est de cela dont il s'agit, d'une ouverture qui permet d'entendre des rencontres sonores riches en métissage. Un savant mélange de sonorités Drum and Bass mixaient avec des instruments du désert algérien. Un album enregistré dans les villes marocaines et dans un studio à Barcelone emblématique par son ouverture vers l'autre d'où qu'il soit. On plonge dans des plages musicales aussi profondes que le fond d'une méditerranée remplie de chansons que la formation irait piocher tel un pécheur tirant ses filets. Vous l'aurez compris, Watcha Clan possède une forte personnalité et revendique ce brassage ethnique comme un passeport musical qui ne servirait à rien car traversant un monde sans frontière.
Rappelez vous, je vous avez proposé un dossier sur le berceau de ce label aux sonorités groovesque. Il s'agissait d'un article sur la ville de Memphis. Je vais en profondeur vous compter les nombreuses signatures de ce label de légende aux doigts qui claquent. La mission s'avèrera difficile depuis que Firefox n'affiche plus mes petits lecteurs vous permettant d'écouter les titres des artistes dont je fais l'écho. Mais pour les macusers, Safari affiche toujours ces players salutaires... Rien ne destine les deux créateurs de la STAX à faire carrière dans la musique. Pourtant Jim STEWART (ST...) et Estelle AXTON (...AX), frère et sœur dans la vie, sont les parents légitimes de ce grand nom dans le monde de la musique. Les débuts se font sous le nom de SATELLITE. Rien ne laisse présager alors un avenir aussi prometteur pour le petit label car les associés n'y croient guère et quittent le navire rapidement. Jim STEWART, lui, y croit dur comme fer et demande à sa sœur de l'aider. Elle accepte et hypothèquera même sa maison pour cautionner l'avenir de SATELLITE. C'est en 1959 que tout commence réellement. Jim STEWART enregistre son premier groupe, les VELTONES, avec l'aide de son bras droit et guitariste Chips MOMAN. Ce premier enregistrement lui ouvre les portes du milieu du Rhythm & Blues. Sa rencontre avec le chanteur et disc-jockey Rufus Thomas permet l'entrée de SATELLITE dans les charts grâce au morceau "Cause I love you" sous le double nom de Carla et Rufus Thomas. Par la suite, Jim STEWART signe un accord de licence et de distribution avec Jerry WEXLER, propriétaire d'Atlantic Records, basée à New York. Cette collaboration sera un des éléments clés de la réussite de SATELLITE. "Gee Whiz" interprétée par Carla THOMAS accède aux classements dans lesquels on retrouve toutes les grandes compagnies, et s'installe dans le top 10 R&B et pop de Billboard. Mais Jim STEWART ne se contente pas de ce premier succès, et se lance à la recherche de nouveaux talents. "Last Night" interprété par les Mar-keys sort en juin 1961. Il connaît un succès au-delà des espérances de STEWART. Le titre se hissera à la deuxième place des hits parades noirs et à la troisième place du Hot 100 Pop. Cette vente de plus d'un million d'exemplaires oblige SATELLITE à se renommer. En effet, une compagnie californienne du même nom a jugé bon de faire valoir son antériorité, réclamant une somme astronomique à Jim STEWART et Estelle AXTON. Ces derniers y voient l'opportunité d'un changement de cap de leur compagnie. Ainsi naîtra STAX et le destin qu'on lui connaît. C'est le début d'une nouvelle ère: l'intégration va jouer un rôle important dans le son STAX. Steve CROPPER, batteur blanc, prend l'initiative de réunir le batteur noir Al JACKSON Jr, vétéran de la scène R&B, le bassiste blanc Lewis STEINBERG et le jeune organiste noir Booker T-JONES pour constituer la section rythmique de la STAX. A l'automne 1962, le groupe classe son titre "Green Onions" un instrumental, numéro un R&B et au top 100. C'est la première fois dans l'histoire de la compagnie qu'un instrumental atteint un tel classement. Durant la décennie 1960, Booker T et The MG's, ainsi que les équipes de production, notamment celles formées par Isaac HAYES et David PORTER seront au cœur de la réussite de STAX. On parlera alors du MEMPHIS SOUND. Le disc-jockey de Washington Alvertis ISBELL, dit Al BELL, sera un personnage clé de l'histoire de STAX. Cet homme ambitieux et intelligent conduit la compagnie de Jim STEWART et Estelle AXTON à jouer un rôle majeur dans l'industrie du disque, tout en assurant son propre avenir. En multipliant les tournées, STAX assure la réputation du MEMPHIS SOUND jusqu'à concurrencer la MOTOWN qui régnait sans partage sur ce créneau. Le professionnalisme et le charisme de Al BELL attirent de nouveaux talents. Johnny TAYLOR en est le chef de file en devenant le plus gros vendeur de la compagnie à partir de 1968. Au début des années 70, le rachat de STAX par GULF + WESTERN va permettre à Al BELL de disposer d'une plus grosse assise financière et de reconstituer le catalogue, plus de trente albums seront produits en moins de deux ans. En effet, la diffusion de la musique ne se fait plus par le biais du single mais par le 33 tours. Et c'est l'album d'Isaac HAYES, "Hot Buttered Soul" qui marquera la réussite de cette stratégie. Progressivement, le terme de MEMPHIS SOUND disparait et par la même ses artistes fondateurs : Carla THOMAS, Steve CROOPER et Booker T JONES. Forte de son évolution plus orientée SOUL avec l'arrivée de nouveaux artistes comme The Bar-Kays, Soul Children, Frederick KNIGHT, STAX n'oublie cependant pas sa vocation politique et éducative vis-à-vis de la population afro-américaine. Le label continue de s'illustrer dans plusieurs projets. Les deux plus importants seront la B.O. de la production hollywoodienne "Shaft" signée par Isaac HAYES, et le concert légendaire de la WATTSTAX. Le 20 août 1972 à Los Angeles, STAX organise ce qui deviendra le deuxième plus grand évènement de l'histoire de la communauté noire américaine après la marche sur Washington organisée en 1963 par le Révérend Martin Luther King Jr. Mais l'ambition d'Al BELL provoquera la plus grande crise au sein de la compagnie, notamment par la signature d'un accord de distribution avec CBS, qui permettra à cette dernière de se débarrasser d'un concurrent trop encombrant, et de s'imposer sur le marché R&B avec PHILADELPHIA INTERNATIONAL RECORDING. A la veille de 1975, STAX ferme définitivement, suite à des malversations financières découvertes par le Fisc.
Et voici l'une des quatre galettes ramenée de mon bref passage parisien. Il est à noter que je cherchais cet opus désespérément et qu'il fallut me rendre à la capitale pour en dégoter un exemplaire... Diversité des bacs, quand tu nous tient... Il s'agit du sixième album du célèbre trio new-yorkais, Blonde Redhead. La légende veut que les membres de ce combo se soient rencontrés dans un restaurant italien. Ne me demandez pas l'intérêt de cette info probablement fabriquée, mais je la trouve de partout sur le net et c'est le genre de détails qui m'amusent. Quand est il de ce son ? C'est toute la classe et le décalage néo-romantique qui m'attire dans cet opus à la vision passéiste qui se traduit jusqu'au visuel de l'album. Quatre années de préparation pour délivrer cet opus magistral. Quatre années durant lesquelles un des deux frères eut un accident équestre dont le groupe fait allusion tout au long de l'album et sur le livret. Le soucis du détail est donc présent, et c'est exactement ce qui me plait. Pour tomber dans cet univers sonore qui nous traverse, tel un nuage fin parcourant notre ciel phocéen, je vous conseille les titres chantés par la délicate voix féminine de Kazu Makino. Le son de cette voix vous transperce tel une bouffée de pipe d'opium dans un boui-boui asiatique new-yorkais que l'on retrouve dans "Il Etait Une Fois l'Amerique". Ce son est bien loin des premières productions du groupe que l'on comparaient à celles de Sonic Youth. C'est d'ailleurs sur le label du batteur de Sonic Youth que leurs premières réalisations virent le jour.
Le concours précédent a été remporté assez facilement par Arthur de Marseille. Il s'agissait de l'album de Maceo Parker "Funkoverload". Et voici, dans un registre électro le prochain opus à remporter. La règle reste la même, le premier qui trouve le nom de l'artiste, du groupe ou du collectif remporte le disque. Alors, bonne chance et amusez vous bien...
Le titre de ce quatrième opus annoncé de courte durée ne portera pas le nom de "Prospekt", mais bel et bien l'emblème d'un autre Martin (Chris aurait il une filiation avec Ricky ?): "Viva La Vida"... Alors voici le tracklisting de cet opus enregistré en grande partie à Barcelone et produit par Brian Eno:
01 - Life In Technicolor 02 - Cemeteries Of London 03 - Lost! 04 - 42 05 - Lovers In Japan/Reign Of Love 06 - Yes 07 - Viva La Vida 08 - Violet Hill 09 - Strawberry Swing 10 - Death And All His Friends
Au lieu de rester au calme dans ma petite ville phocéenne, j'ai décidé hier matin de prendre le train direction Paris pour passer une journée sous la pluie. J'ai revu des amis, et j'ai pu m'éclipser le temps d'un quart d'heure dans une des quatre maisons O'CD (celle de Bastille). Et bien, en un quart d'heure, quatre albums sont tombés dans mon sac de pécheur. Dont le dernier Watcha Clan. Et là l'idée de prendre pour thème pour la prochaine Muzik In Mars Say Yeah !!!, cette chansons française qui nous enthousiasme. Tout simplement parce qu'elle est rarissime et qu'elle vaut donc le coup de projecteur. Je vous tiens au courant...
Je suis toujours vivant !!! Plus rien ne m'arrête, si ce n'est le temps qui file encore plus vite que ma démarche d'homme pressé. Et le constat est celui ci, pas de post pendant toute une semaine. Je m'en excuse et vous promet des séances de rattrapages. A venir, donc, les découvertes musicales de ma semaine folle. Et c'est ainsi que j'enchaine avec ... Fancy !!! De l'énergie musicale, voilà ce que m'inspire l'écoute de cette galette. Pas de barrière musicale, on oscille entre le glam, le punk, la disco et le heavy métal. Rien que ça... Mais attention, toujours avec classe, et une classe toute française. Originaire de Montreuil, les musiciens sont menés par un fou chantant à la voix andorgyne qui répond au doux nom de Jesse Chatton. Les paillettes heavy metalisées françaises sont les ingrédients pour cet opus sulfureux et flamboyant. C'est tout cette musique et ce décorum qui habite ma tête depuis deux semaines. Merci Fancy pour cette claque de bonheur. Un seul regret, la durée limitée des ces onze plages qui habitent "Kings Of The Worlds"... Fancy : Dressed To Kill
Je continue dans mon périple dominical pianistique avec le dernier opus de la jolie Fiona Apple. La dernière livraison de la pomme américaine a une saveur toute particulière, beaucoup moins empreintée de cette folie musicale des deux premiers opus. Mais il est toujours bon de retrouver ce timbre de voix si charmeur. De l'estime, du respect et pas mal de bons moments. Le piano reste devant, qui accompagne les mélodies toujours fraiches de cette artiste qui a su ne pas tomber dans le piège du rythme de sortie d'albums qu'imposent les majors. Alors, oui il est moins fou, oui il est moins osé, mais qu'est ce que c'est cool pour un Dimanche... Je pense à ce mistral qui souffle, et qui souffle sans cesse, rendant ce soleil de plomb de moins en moins perceptible. Cette production agit comme ce vent phocéen, il masque la délicatesse des mélodies. Oublions, un temps, ces interventions Spectoriennes et concentrons nous sur le titre. Imaginons le nu, sans toute cette panoplie d'instruments. Ça y est, on la retrouve la Fiona Apple !!!