Durant mon petit passage sur la côte d'azur, j'ai pu me procurer un bootleg d'un concert de Radiohead enregistré le 16 Janvier 2008 à Londres. Considérant que le groupe ne touchera rien sur ces pressages, je vous propose de vous envoyer les fichiers des titres. Il vous suffit de m'envoyer votre adresse email en cliquant sur muzikinmars@yahoo.fr Musicalement.
Après une journée Off et un retour sur Nice pour la prestation d'Alain Bashung, que voulez vous faire ??? Un retour à la case Marseille pour poser les bagages, faire quelques machines et repartir sur les routes vacancières. Un sac rempli de disques à chroniquer, et il y en aura pour tous... Alors, laissez moi cuver de ce périple niçois qui s'acheva sur la prestation de celui que tout le monde verra comme le leg Gainsbourien jusque boutiste. Car Bashung, non content de nous avoir proposé, cette année, son "Bleu Pétrole" nous offre des concerts remplis d'humanismes, de noirceurs et de coups au cœurs. Du Bashung comme on l'a toujours aimé... Merci Monsieur...
Rien de mieux qu'une soirée mémorable pour faire oublier les couacs de la veille. Une foule de gens forme une queue devant l'entrée du Festival. Je n'en ai jamais vu autant. Tout le monde attend patiemment. Une fois rentré dans l'antre, une seule direction, le Jardin pour trouver un emplacement idéal pour le rendez vous musical de ce cru, Leonard Cohen. Car malheureusement pour les autres artistes qui se produiront dans l'arène, je ne bougerais pas du Jardin. Car ce qui suit au retour annoncé glorieux du canadien à la voix basse et au texte poétique n'est pas moins enthousiasmant, Maceo Parker.
Mais reprenons le fil de la soirée, après une attente assez longue, les musiciens débarquent sur scène, Leonard Cohen très humble, en costume ceintré nous remercie pour l'accueil et entame son répertoire qu'il tiendra d'un seul trait et ce pendant deux heures. Tous les standards seront chantés, de "Suzanne" à "Tower Of Songs" en passant par le cultissime "Hallelujah". Deux heures de prières musicales avec cette voix si riche et qui donne tant de plaisir à être écoutée. Point de regret pendant cette prestation, tout est parfait et tout ne pourrait pas être mieux. L'homme est en forme, il introduit chacun de ses titres en évoquant les paroles en français. Sa voix est impeccable, et même le final sous forme de prière à l'unisson est grandiose émotionnellement.
Un quart de changement de plateau plus tard, un big band débarque sur scène et introduit l'arrivée du maitre du saxophone funky, Maceo Parker. Les musiciens oscilleront entre un répertoire Funk et un hommage à Ray Charles. Toute la foule passe de la poésie de Cohen au Funk de Parker en un rien de temps, comme si deux soirées avaient été fondues en une seule. Et la magie fonctionne à merveille, lorsque Maceo Parker endosse les lunettes noires et qu'il interprète de sa voix unique un "You Don't Know Me", révélant le spectre de Ray Charles sur la scène de Nice.
"Pass the Peace" clôturera un set d'une heure trente. Avant de quitter la foule en délire, Parker n'oubliera pas de faire un signe amical de la main à ses amis, James Brown et Ray Charles...
Vous voyez cet homme derrière sa batterie ? Il a sauvé le Festival d'une soirée dramatique. Lui et ses compères musiciens qui entouraient Stefano Di Battista ont insufflé à cette soirée ce qui manquait d'essentiel,le Jazz en mode de vie. Je ne parlerai que très brièvement des deux premiers artistes qui se sont produits sur la scène Matisse. La première formation dont les influences citées par la charmante présentatrice n'ont pas aidé cette jeune équipe à convaincre le public médusé par ce fourre-tout révérebéré à l'extrême. Vous connaissez ma non-attirance pour le français à la guitare manouche. Sanseverino n'aura pas eu mon attention. Préférant retrouver Peter Von Poehl sur la scène du jardin. Un choix qui ne s'avéra pas plus judicieux car le bonhomme, malgré des titres parfois bien sentis, n'a pas la puissance vocale que l'on aimerait lui conférer. Le set terminé, je m'impatiente à l'idée de retrouver la dame à la voix et au piano si jazzy, Diana Krall. Une voix s'élève dans l'obscurité du jardin, "Ladies And Gentlemen, Diiiiaaaanaaa Kraaaaaaaaaaaaallllllll...". Et là stupeur, la dame en blanc se place face à son piano, les musiciens l'attendent. Le batteur donne le décompte et Pouf... Un petit son de merde. J'ai bien dit (je répète) un petit son de merde. On n'entend pas le piano, tout juste les fins de phrases des paroles, la batterie semble se trouver sur la place Massena. Un scandale de voir la tête d'affiche saccagée ainsi par une bille de sonorisateur. Je ne me démonte pas et m'empresse d'aller du côté de la régie où je trouve le régisseur son du Festival quittant son espace. Il m'explique que le sonorisateur de la Star internationale les a snobé et a placé sa propre régie numérique se foutant des conseils avisés des régisseurs locaux. Effectivement en place d'un sonorisateur devant la régie traditionnelle, je trouve des lumières éteintes. Un peu plus en avant, un fauteuil de maitre de l'univers accueille un bonhomme entouré d'écrans, tels un capitaine de bord menant son équipage vers le plus horrible des crashs musicaux. Ou, Comment foutre en l'air un concert avec si peu de remises en questions sur sa position. Merci Monsieur... Je décide de quitter cette ambiance pourrie, et me dirige vers la scène où Stefano Di Battista propose son jazz improvisé entouré de quatre musiciens qui sont déterminés à tout donner. Et ça déchire tout !!! Pour conclure, à trop vouloir montrer, on perd l'essentiel, donner...
Une soirée bien différente de celle de la veille. Avec une fréquentation qui a doublé, le site regorge de mains pour applaudir les musiciens qui se produisent. Ce soir, Isotop, un groupe local aux influences Jazz Rock Electro, ouvre le bal. Par certains aspects, on retrouve le côté expérimental des musiciens qui inventaient ce son, il y a une dizaine d’années... Après le passage d’une formation jazz instru, la scène du Jardin accueille l’un des groupes français dont le buzz ne cesse de croitre, Hocus Pocus.
Hocus Pocus est une formation venant de Nantes, mais dont certains musiciens vivent à Paris. J’ai d’ailleurs pu croiser quelques amis cuivreux avec qui j’avais mes habitudes de sonorisateur. Musicalement, on assiste à un déploiement de groove qui enflamme le flot verbal du MC, Chanteur. Le DJ trône, tel un prince qui offre à qui veut l'entendre quelques-unes de leurs influences sur une platine d’argent. Le premier passage sur la scène du Jardin ne durant qu’une petite heure, la formation aligne les titres aux paroles revendicatives et au tempo surmené. L’ambiance est bonne et lorsque retentit le titre que tout le monde attend, "Smile", tout le public est en furie. Un excellent moment qui laisse présager de bonnes ondes pour la suite de la soirée. Seul petit hic (il y en a toujours un…), je n’ai malheureusement pas pu assister à la performance d’Ibrahim Maalouf, qui jouait au même moment sur la scène des Arènes.
Direction les arènes pour entendre la voix jazz de la plus classique des chanteuses franco américaine ; Barbara Hendricks. C’est une dame habillée de noir qui investit le plateau et qui, de façon très maniérée, offre un set de blues en rendant hommage à la grande Billie Holliday. Le spectacle est largement plus calme que ce qui s’annonce être le rendez-vous du soir, Georges Benson.
Monsieur Georges Benson, voix de velours, guitare jazz au son si bas et chaleureux est entouré de pointures. Tous ses musiciens ont joué pour les plus grands noms du Funk, de la Soul et de la Pop music. Des requins et au milieu cette voix qui nous revient des années 80. Certes, on danse, on chante lorsque l’interpréte se lance dans un "Give Me The Night". Mais on peut sourire, voir se sentir un peu ridicule lorsque résonnent les premières notes du slow le plus kitchissime de la terre, "Nothing’s Gonna Change My Love 4U". Au final, un moment de revival comme on les aime. Un Retour Vers Le Passé avec des instants groovys et d’autres ou l’on se rend compte que les chaussettes sur le pantalon des années 80, c’était pas si classe que ça…
Le changement de propriétaire est une chose que l'on connait bien dans le commerce. Généralement le nouveau venu veut absolument marquer sa différence avec son prédécesseur. Le Groupe Drouot a réussi son coup en insufflant à ce festival un sang nouveau avec une dynamique plus classieuse. Le détail qui tue est cet endroit indispensable où tout festivalier se rend au moins une fois par soir et qui, encore l'an dernier, était payant et à l'hygiène discutable. Cette année l'antre redoutée est gratuite et clean. Mais trêve de déblatérassions sanitaire. Le plus gros des changements est musical puisque la programmation s'est recentrée au niveau du Jazz. Ce qui pour un Festival de Jazz est tout de même assez cohérent. Cet élément était pourtant occulté durant les années précédentes (pour souvenir Laurent Voulzy était en clôture d'une soirée dont l'ensemble sonnait pas si jazz...). Pour les cadeaux musicaux d'hier soir, nous avons eu droit au saxophoniste le plus hachiché de la planette, Archie Sheep. Le chanteur le plus sensible et le plus drôle de l'univers, Rufus Wainwright. Et la définition de la tendresse au féminin dans une voix de velours, Stacey Kent. Je n'ai malheureusement pas pu écouter Avishaï Cohen. Mais des choix devaient être faits et je l'avais déjà croisé au Blue Note à New York. Pour la première fois en trois an, j'ai passé ma soirée devant la grande scène du Jardin. Des efforts de structure ont rendu un effet de proximité avec l'artiste, de sorte que l'on se sente tout à fait proche des interprètes. Rufus Wainwright a ouvert le bal, seul avec son piano, le délaissant au profit d'une guitare folk. Ricanant de ce Festival de Folk et s'excusant de ne savoir interpréter que quelques accords jazz.
Malgré un set trop court d'une heure, il a su nous envouter de sa voix de prince charmant et de ses textes sensibles et souvent décalés. Entre autres titres à retenir, un "So Tired Of America" d'à propose et sa reprise d' "Hallelujah", de Leonard Cohen qui passera dans trois jours sur la même scène. Une belle prestation avec un petit pincement au cœur quant à la durée de sa prestation.
Mais en un quart d'heure, changement d'ambiance avec la douce Stacey Kent et ses quatre musiciens. La belle américaine nous offre un set au trois quart chanté en français. On sent l'émotion, le plaisir et l'osmose avec un public acquis dès les premiers couplets, et qui restera pendu aux lèvres de la frêle chanteuse. Une soirée qui a filé comme une belle étoile dévoilant, sous un ciel éclairé d'une lune pleine, les anges du Jazz versant les notes bleues sur un Festival illuminé.
Ani Difranco en duo avec Maceo Parker… Ani Difranco reprenant du Woodie Guthrie… Ani Difranco reprenant du Bob Dylan… Ani Difranco reprenant Phil Ochs… En voilà un sacré six titres sorti en 2000. Alors certes, la préface nous décrit une Ani Difranco avide de musique qu’elle considère comme un boulot à part entière. Mais ce qui est saisissant c’est cette cadence folle et toujours de qualité. Elle continue, encore aujourd’hui, à produire un album par an. Un rendez-vous que tout amateur ne se devrait pas de louper. Un peu comme Woody Allen et ses films de Décembre. Ce qui est plaisant avec ce six titres c’est la deuxième plage musicale au cours de laquelle Mr Maceo Parker, le saxo le plus funk de tous les temps se frotte au jeu de guitare de la belle américaine. D’autant plus que le fils Parker nous propose au final, un flot bien personnel et tout en délicatesse. On retrouve ainsi l’ambiance d’un "Funkoverload" dont je ne me lasserai jamais.
Pour le reste, les influences de la folkeuse sont connues depuis trop longtemps pour jouer les surpris lorsqu’elle reprend les rois du folk revendicatif que sont Guthrie, Dylan et Ochs. Un bien beau petit cadeau que cet EP retrouvé dans une pile de CD à classer dans une pièce plus grande que la cuisine d’une villa niçoise… Il est amusant de constater que chaque été, je tombe sur une perle Difrancoienne. L’an dernier j’étais du côté de Barcelone, cette année c’est la capitale qui me l’offrait sur un plateau d’argent. Un petit PS pour vous rappeler que Maceo Parker sera sur l'une des deux scènes du Nice Jazz Festival. je vous proposerais, dès demain, les chroniques des premières prestations de ce fabuleux défilé musical avec au programme pour ce soir, Rufus Wainwright, Archie Shepp, Avishaï Cohen et Madame Stacey Kent.
John Mayer refait parler de lui grâce à ce double live enregistré durant sa dernière tournée qui a suivi le "Continuum" de 2006. Vous dire que je suis heureux de le réentendre serait un euphémisme. J'ai dû monter à la capitale pour mettre la main sur un exemplaire de cet opus uniquement distribué en Import. Constater que ce musicien n'est toujours pas distribué en France montre à quel point le marché peut manquer de recul sur ce que l'on appelle communément le talent. John Mayer nous propose pour la seconde fois de sa courte carrière un opus Live. Il est vrai que sa dimension prend l'effet XL sur scène tellement il peut fasciner par sa dextérité guitaristique. Mais le jeune homme surprendra d'autant plus qu'il nous offre trois formations distinctes. Une première acoustique en duo avec un autre guitariste, une seconde avec le devenu légendaire John Mayer Trio, puis sur le deuxième disque, il est accompagné des musiciens qui le côtoient depuis plus de deux ans de route. Trois ambiances bien distinctes propices à des réarrangements de qualités. La réédition de "Continnum" avec une deuxième galette avait révélé l'énergie du groupe. c'est donc la première galette qui propose le plus de surprises. D'autant que des nouvelles compositions, des reprises parsèment un tracklisting déjà enthousiasmant. Un album que je conseille à tout guitariste en manque d'inspiration. Un moment musical qui saura vous séduire et vous faire succomber à cet américain dont je ne cesse de chanter les louanges.
Reprendre des nouvelles de The Verve c'est toujours un bon moment. La voix de Richard Aschcroft est toujours aussi phénoménale. Et retrouver sa bande de musicos semble être jouissif. Allez, je ne vous fait pas perdre plus de temps, cliquez sur le lecteur pour découvrir ce nouveau clip de ce groupe qui sort un nouvel album après plus de dix ans d'absence.
L'album est annoncé dans quelques semaines. La sortie est prévue le 18 août en Angleterre et le 19 aux USA. En voici le tracklisting.
01 - Sit And Wonder 02 - Love Is Noise 03 - Rather Be 04 - Judas 05 - Numbness 06 - I See Houses 07 - Noise Epic 08 - Valium Skies 09 - Columbo 10 - Appalachian Springs
Il l'aurait aimé cet album si il n'avait pas pris le large. Cette formation nous vient tout droit de Seattle, ville qui a vu naitre de nombreuses légendes musicales comme Hendrix, Pearl Jam, Starbuck et Nirvana (trouver l'intrus)... Band Of Horses est une résurrection d'un groupe nommé Horses. Les membres se sont retrouvés pour composer quelques titres planants de rock indé comme savent le faire ces musiciens. En 2006, une nouvelle scission et voici que la voix du groupe est le seul à mener la barque. Recrutant de nouveaux membres, ils enregistrent cet opus que j'écoute avec enthousiasme, "Cease To Begin". Un titre qui résume assez bien ce perpétuellement recommencement... Pour ce qui est des titres qui composent cet opus, on peut facilement tomber amoureux des mélodies très Beach Boys comme ce "The General Specific". Mais le penchant moins jovial est tout aussi séduisant. Ainsi, "Is There A Ghost" est emmené vers un brouillard épais où seule la sublime voix du chanteur éclaire ce qui semble, pendant un bon bout de temps, être une impasse. Mais cette voie sans issue est bel et bien un chemin de fortune. C'est bien connu, les chemins les moins évidents mènent aux plus beaux des trésors.
Une agréable découverte qui saura me faire bouger la tête en rythme lors de mes après-midis de bronzage en sirotant un Mojito d'un autre monde... Band Of Horses : The General Specific