jeudi 4 septembre 2008

Coldplay Live !!!



C'est aujourd'hui que je prends le train direction Lyon pour retrouver Chris Martin et sa bande en concert. Le compte rendu du concert de Coldpay dans quelques heures. Viva La Vida, Musicalement...

mardi 2 septembre 2008

Un Mois Plus Tard ...



Pour la première fois en trois ans, ma rentrée fut une douce sucrerie à déguster. Il est vrai que j’avais laissé l’endroit en de bonnes mains et que les quatre mois de grands travaux avaient porté leurs fruits. La rentrée s’annonceait donc des plus propices et des plus sereines. Je me disais donc que j’aurais du temps pour me replonger dans mes chroniques musicales. Pourtant, il n’en fut rien. Le temps fila tel un papillon de lumière fleuretant avec le soleil. Je m’excuse donc auprès des fidèles lecteurs de Muzik In Mars. Les choses reprenant leur rythme de croisières, je m’apperçois qu’il est grand temps de vous faire part des découvertes, des coups de cœur et des histoires que je croise durant ces journées à vous proposer des écoutes de qualité.
Je commencerai par l’histoire de ce collectionneur américain qui décida de vendre sa mine de musique sur Ebay. L’homme s’est autoproclamé le plus grand collectioneur de musique au monde. Il possède plus d’un million de disques dont 300.000 CD. Sa femme agacée par ces galettes qui envahissaient leur habitation lui fit comprendre que c’était elle ou ses disques. L’homme ouvrit donc un magasin de disque et décida de préserver un exemplaire de chaque album pour constituer une sorte de médiathéque. Le projet fonctionna jusqu’au jour où pour des problèmes de santé, il se trouva dans l’obligation de fermer boutique. Pour payer ses soins, il décida de mettre en vente l’intégralité de sa collection sur Ebay. Un choix à contre-cœur pour cet homme qui se définit comme l’antinumérique. Son discours est le suivant, lorsqu’une personne achète un disque, elle achéte non seulement la musique, mais aussi tout l’univers qui l’entoure, de la pochette, aux informations qui ont été données sur la fabrication de l’album. Elle achète aussi le moment où le disquaire lui a vendu cette galette, le conseil qui l’a guidé jusqu’à ce son. Le virtuel ne propose que le son, et ce son manque cruellement de contact humain. Pourtant la musique est le langage universel entre les hommes. Étrange époque ou cette musique devient une sorte de plaisir solitaire non partagé et parfois illégal…
J’enchainerai avec ce documentaire diffusé sur Arte qui m’a particulièrement touché. Daniel Barenboim est un chef d’orchestre, pianiste reconnu internationalement. Il a la double nationalité israélienne et palestinienne. Avec son meilleur ami, un musicien palestinien, ils créèrent un orchestre symphonique dont les musiciens habitent tout le Proche Orient. Ainsi se croisent des musiciens palestiniens, libanais, jordaniens, syriens et israéliens. Tous sont là pour parler le même langage, la musique. Tous sont là pour apprendre ce que le maître Barenboim a de plus important à donner, le plaisir et le partage de ce langage qui met tout le monde au diapason, la musique. Implicitement, tous se côtoient, s’entraident dans leur pratique de l’instrument. Des liens sont créés, et ces musiciens apprennent à se connaitre, discutent, se racontent leurs vies, leurs joies, leurs blessures et leurs espoirs. Tous se rendent compte qu’il est facile de dialoguer lorsque le langage est le même. Ces musiciens joueront dans le monde entier. Le documentaire montrera le concert ultime de ces hommes et femmes passionnés de musique qui dépasseront leurs peurs, leurs ignorances pour être dirigé par cet homme à Ramalah. Un hommage de Barenboim à son ami décédé six moius plus tôt.
Deux histoires de passion pour reprendre le fil de ce site.
Deux bouts de vie pour nous rappeler que la musique est un art compréhensible de tous à partir du moment où l’on décide de s’ouvrir au monde et de laisser nos oreilles aux aguets de la moindre expérience musicale.

lundi 11 août 2008

The Soul Is Gone ...



Isaac Hayes, chef de fil de la soul revendicative est mort ce dimanche dans sa résidence à Memphis. Il fut le second élan du label STAX avec son adhésion à un discours politique que prônaient les Blacks Panthers au milieu des années 70.

Isaac Hayes : Walk On By



Isaac Hayes : Shaft

vendredi 1 août 2008

Bill Fay : Time Of The Last Persecution



Dans notre succes-story des artistes maudits qui n'ont pas une discographie démesurée, je vous propose l'anglais Bill Fay. Un peu plus chanceux que Jackson C Franck, ce songwritter a produit deux albums entre la fin des années 60 et le début des années 70. "Time Of The Last Persecution" est le deuxième, et donc dernier, opus de l'artiste. Une œuvre sombre avec peu d'arrangements, laissant place à l'expression des angoisses existentielles qui habitent alors le musicien. Car en deux albums, Bill Fay a fait le tour de son horizon fait d'espoir souhaité et de blessures bien présentes. Sa voix, proche du gouffre, renforce cette sensation de vivre dans une angoisse perpétuelle. Ainsi, l'auteur flirte avec le Christ dans "Till the Christ Come Back", se blessera en tombant sur Adolf avec "Pictures Of Adolpf Again".
Mais la beauté des titres provient essentiellement du fait que dès la première écoute, l'envoutement se produit. Tel un talisman sonore invisible et indestructible, un sortilège attractif par ses mélodies mais tellement déprimant par les textes. La pochette n'arrangeant rien, je décide donc de m'enfouir dans un bain de lumière tamisée et de me laisser porter par ces quatorze plages qui s'enchainent sans que l'on n'y prête attention. Une ambivalence habite donc cette œuvre majeure qui ouvre la porte aux œuvres solitaires. Pour exemple, ce "Come A Day" où les instruments ne savent plus où donner de la tête sur ce rail d'arpèges joués par un piano imperturbable. Là encore la comparaison excessive avec Bob Dylan sera de rigueur chez les critiques de l'époque qui passeront à côté du message obscur et profondément dépressif du compositeur. A noter que certains artistes actuels tentent de rendre à l'œuvre de Fay, la reconnaissance qu'elle mérite. Ainsi Wilco invita, sur scène, Bill Fay pour une des compositions de l'homme cité en inspiration par le groupe qui vogue, aujourd'hui de festival en festival.

Bill Fay : Time Of The Last Persecution


Bill Fay : Come A Day


Le site Officiel: www.billfay.co.uk

jeudi 31 juillet 2008

Jackson C Franck : Blues Run The Game



Peu commune l'histoire de cet homme, qui dès son enfance a connu l'enfer semé de moments miraculeux. Ou comprendre d'où vient cet ovni musical qui en un album enregistré en trois heures et produit par Paul Simon en 1965 a permis de dévoiler ce qui allait devenir la vague folk des années 70...
C'est que ce musicien a connu l'horreur de voir ses camarades périr dans un incendie dans sa classe de musique alors qu'il n'avait que six ans. Hospitalisé pendant plus de six mois, on lui offrit sa première guitare. Rapidement, il apprendra à maitriser l'instrument. A l’age de treize ans sa mère l’emmène à Graceland avec l'idée de lui faire rencontrer Elvis Presley. Miracle, la rencontre a lieu. Le King serre la main du jeune garçon et l’invite dans sa propriété. Pour Jackson c’est une révélation comme s’il rencontrait le messie. Il décide d'être musicien ce jour là. Un miracle n'arrivant jamais seul, c'est à seize ans qu'il apprend que 1000.000 $ de dommages-intérêts lui ont été versé sur son compte, suite à l’incendie de sa classe. Après un passage au Canada, il décide de traverser l'océan pour se rendre à Londres. Très vite il tombe sur le bouillonnant torrent musical anglais. Durant cette période, il écrit ce qui sera son premier opus. Un soir, il fait écouter sa musique à Paul Simon qui reste médusé par le talent du songwritter. Il pressent le nouveau Bob Dylan et décide de bloquer les studios CBS pour produire ce qui sera l'unique album de Jackson C Franck. Le musicien est extrêmement timide et demande à placer des écrans pour qu'il se dissimule pendant ses prises de voix. L'album sort mais ne rencontre pas le succès commercial escompté. Jackson a claqué la grande partie de son pécule en achetant des voitures. Le vide, la dépression seront au rendez-vous. Il rentre aux États Unis sans un sous, sans plus aucune inspiration pour un second volume de moins en moins hypothétique. Il sera retrouvé SDF quelques années plus tard. Entre temps, il aura perdu un œil suite à une agression par balle. Il décèdera en 1999, muni de sa guitare qu'il s'était offert dans sa jeunesse...
Cette tragique histoire, on peut en sentir la fragilité, le côté touchant dans ce premier et unique album. Une voix avec peu de puissance, celle d'un blanc chantant un blues de noir d'une manière tout à fait nouvelle, qui laisse l'auditeur dans une béatitude, touché par la beauté des titres.

Jackson C Franck : Blues Run The Game


La Page Myspace: www.myspace.com/jacksoncfrank

Gonzales : Soft Power



Nombreuses sont les chroniques de "Soft Power" qui associent le travail de Gonzales à un contre pied face aux attentes d'un public avide de surprises. Certains s'amusent à le singer en clown, celui qui exagèrerait ses défauts pour rendre sa musique au précipice du kitch, sans jamais y tomber. Ce que je ressens à l'écoute de ce chef d'œuvre musical est pourtant éloigné de toutes ces faciles interprétations. Car, certes l'artiste bénéficie d'un budget pharaonique, certes ses guests incarnent la hype-attitude dont lui-même en est l'un des principaux gourous. Mais sa musique est authentique, elle n'a pas la volonté du décalage pour le décalage. Et si Gonzales propose des titres que l'on associerait à une époque désuée et volontairement reproduite à l'identique ("Lest' Ride" est un fabuleux hommage à cette époque révolue), c'est certainement que le musicien voue à ce son une certaine mélancolie, voir une admiration démesurée... Pour preuve cette liste des gagnants des Grammy Awards de l'an 1978 qui trône en première page du livret. Gonzales ne se singe donc pas, et pour détruire cette théorie, il suffit de lire les textes qui habitent les musiques. Non, ce musicien aime cette musique, ce son surproduit et qui, accolé à une naïveté toute juvénile rend l'opus touchant. On pourrait le voir portant le masque de la prétention, mais ce serait, une fois de plus, une erreur. Car l'homme en entrant dans son projet musical n'a de choix que de se fondre dedans et de n'en sortir que lorsqu'il passera au suivant. il est maitre à bord comme Napoléon, dont il porte l'uniforme. Il est le capitaine du navire qui vogue et, ce malgré les vagues et leurs remouds.



Le "Soft Power" c'est tout ça et en mode disco, c'est encore mieux...

Gonzales : Let's Ride

mercredi 30 juillet 2008

Shuggie Otis : Freedom Light



En quatre opus sortis entre 1969 et 1974, ce musicien de talent, poly-instrumentiste, guitariste pour géant en herbe (il assure les grattes sur le "Hot Rats" de Frank Zappa), Shuggie Otis s'est fait une réputation de visionnaire de la musique. Souvent comparé à Jimi Hendrix, il a su se démarquer de ces références par ses créations qui oscillent entre le format instrumental avec un penchant pour des alternances d'instruments, et un format pop avec des parties chantées. En mélangeant le blues, à la soul, en fricotant avec les premières boîtes à rythmes, il invente les premières plages musicales qui seront les racines de l'électro. Visionnaire par ses tentatives et les chemins de travers qu'il empreinte avec une grande maitrise du xylophone et de la batterie.
Mais pour tout amateur de musique, Shuggie Otis est connu pour le titre qui a tourné en boucle sur pas mal de juke box, "Strawberry Letter 23". Un artiste inclassable qui a acquis le respect des bluesmen et a surfé sur les vagues psyché avec des plages Wahwahesque comme le très psyché "Ice Cold Daydream" qui ouvre l'un de ses deux masterpeace, "Freedom Light". Un opus dont le naim pourpre de Minéapolis a du analyser la moindre note pour en décrypter les atmosphères sonores. Car Prince, c'est de lui dont il s'agit, a largement suivi les traces de ce prodige qui après "Inspiration Information" ne donnera plus suite musicale à sa carrière si brillamment commencée. Mais nous reverrons cela lors d'un prochain post dédié à son deuxième chef d'œuvre.

Shuggie Otis : Ice Cold Daydream



Shuggie Otis : Strawberry Letter 23



La Page Myspace: www.myspace.com/shuggieotis

Money Mark : Brand New By Tomorow



Quel étrange parcours que celui de Mark Ramos-Nishita. Ancien clavier du très lucratif Beasty Boys. ce musicien hors norme décide dans les années 90 de quitter le groupe en pleine réussite commerciale pour se consacrer à son projet musical personnel qu'il baptise Money Mark. Trois albums plus tard signé chez Mo Wax, le constat financier est loin d'être à la hauteur du nom du projet. Il a pourtant réussi l'essentiel, son projet musical. En alliant ses influences en apparence si opposées, le folk, la soul, la pop et le hip-hop avec un tantinet d'électro.
Et puis une silence de six ans, une respiration, un manque d'inspiration ? Non, une séparation avec sa petite amie qui l'emmène dans un territoire qui fait frémir tout artiste par définition ultra sensible, le blues de la rupture. C'est dans cet état d'esprit qu'il enregistre entre Rio de Janeiro, Los Angeles et New York son premier opus signé chez Brushfire Records (le label de Jack Johnson). Un album qui se situe dans la veine soul folk assez proche du géant méconnu, Shuggie Otis. Avec Clavinette, Fender Rhodes et Harmonica, Money Mark ne ramassera pas la fortune, mais, une fois de plus, aura la reconnaissance des mélomanes. Un album racontant une séparation sur un ton plaintif, mais pas trop, avec des petites histoires persos sans être pleurnichardes. Un album que l'on peut écouter en pleine séance de bronzage sans avoir la larme qui coule, pari gagné... A très vite pour une nouvelle surprise, pourquoi pas un mariage, ou la naissance d'une progéniture racontée sur fond d'électro déjantée avec kazoo et banjo ?



Petit détail, le musicien, ébéniste de formation nous a concocté une pochette avec une ne radio taillée dans le bois à tomber...

Money Mark : Black Butterfly


La Page Myspace: www.myspace.com/moneymarkofficialfansite

mardi 29 juillet 2008

John Greaves : Songs



Musicien libre, artiste vivant pour son art, cet homme a participé à de nombreux projets durant sa longue carrière. On peut, entre autre, retrouver sa basse dans la formation de free jazz, Henry Cow entre 1969 et 1976. En 1983, John Greaves s’installe en France où il bénéficie d’un large public. Depuis son home sweet home, il propose des projets d'une intensité musicale toujours au rendez-vous. C'est de "Songs", ce projet sorti en 2004 dont je vais vous parler. On y entend plusieurs intervenants de renom dont Robert Wyatt et la soprano S'Ange. Mais on y entend surtout une musique pop mais avec ce supplément de jazz qui ajoute la touche Greavesienne. C'est alors que je suis transporté dans un univers parallèle, une alternative musicale dans laquelle on plonge et dont on ne ressors, heureusement, pas indemne.
Ce qui est intéressant c'est que ce projet, ce disque est née d'une expérience qui devait rester au stade de tentative. Mais les trois premiers titres enregistrés en compagnie de la soprano ont tellement enthousiasmé Greaves qu'il décida d'embarquer son projet durant deux années de production intensive pour nous livrer ce douze titres surréalistes. Un mélange de tout sans faire fourre-tout. Une osmose, un équilibre fragile qui nous laisse en suspens, tel un funambule en manque d'adrénaline. La surprise est permanente, la maitrise de la tension du fil est réglé au dixième. Un conseil, si pour vous Henry Cow est trop hermétique, foncez tête baissée et oreilles grandes ouverte à cet opus d'un des rares qui sait encore faire rimer les mots avec une musique compréhensible de tous et avec une écriture si complexe à certains moments. Prochain rendez vous avec John Greaves, ce sera le sublime opus qu'il a sorti en 2007 sur lequel il met en musique les textes de Verlaine.

John Greaves : Kew. Rhone


Le Site Officiel: helene.collon.club.fr/greaves/greaves.htm
La Page Myspace: www.myspace.com/johngreaves

Chris Letcher : Harmonium



L'histoire a débuté avec un premier post déposé sur Muzik In Mars, je chroniquais le premier opus de Monsieur Chris Letcher que je trouvais fort séduisant. Il y a une semaine, je recevais un mail de l'artiste m'informant qu'il était en plein bouclage de son second album. Il me proposait de m'en envoyer un exemplaire. Bonheur et impatience furent les émotions qui m'envahirent durant la période qui précéda la réception de la dite copie. "Harmonium" est enfin dans la platine, et je découvre toute la subtilité et la grande maitrise des arrangements qui m'ont tant séduit dans "Frieze". Certes, l'artiste m'a envoyé une version promo de son album qui sera très prochainement dans les bacs, mais cette version donne un large aperçu de ce que Chris Letcher a eu dans le ciboulot durant les sessions d'enregistrement. Et même si "Scenes" ne m'enflamme pas plus que ça, les six autres titres consoleront mon attente au point d'oublier ce titre en plage trois qui a l'effet d'un cheveux dans la soupe. Je m'emballe donc pour "Harmonium", et ses cinq autres voisins musicaux.
Un artiste complet car l'homme nous propose sa deuxième livraison discographique moins d'un an après sa parfaite entrée dans le monde du disque. Alors, oui je me plais à rêver d'une venue marseillaise de sa bande de musiciens pour une prestation magique et qui transcenderait encore plus les titres qui sortent de son imaginaire bouillonnant.
Chris a l'âme généreuse, et malgrè l'anti-copie de son disque promo, il me fait parvenir une version d' "Harmonium" pour que vous puissiez juger par vos propres oreilles...

Chris Letcher : Harmonium