jeudi 15 mai 2008

Poni Hoax



Le groupe est à l'honneur dans le numéro de Mai de Magic. "Images Of Sigrid", deuxième opus de la formation sort ces jours-ci. Personnellement, je n'ai pas eu la chance de mettre une oreille sur cet album qui sent bon l'expérience musicale. Cependant, je vous invite à un petit retour en arrière de deux années pour retomber sur leur très prometteur première galette éponyme.
L'opus débute avec le tubissime "She's On The Radio", et dès les premières mesures on ressent l'admiration que voue ce groupe de cinq potes pour les sons des années 80, revus et remis à un gout du jour tout à fait saisissant.
Une pop qui donne le vertige mérite d'être ovationnée, l'ovation arrive mesdames et messieurs. Qui aurait pu deviner que derrière Poni Hoax se cachent cinq français ? Ces musiciens en herbe portent bel et bien la nationalité française ? Après cela qui peut dire que les frenchies n'ont rien compris à la pop ???
L'album tourne depuis deux jours sur ma platine et je lui trouve un charme fou. Toute l'histoire de la pop internationnale a été écoutée, et Poni Hoax nous propose la suite de ce roman trépidant, des réminiscences de Nick Cave, avec le fabuleux "Carrie Ann (With The White Dress)", à la relecture d'un LCD Soundsystem avec "L.A. Murder Motel", tout vaut le coup d'être écouté, et c'est le cas de trop peu d'opus sortit ces derniers temps.
Rendez vous avec Poni Hoax pour le prochain chapitre du roman sonore de la pop qui donne envie d'être savourée.

Poni Hoax : She's On The Radio


La Page Myspace: www.myspace.com/ponihoax

Petit Point Sur La Presse Musicale ...



Un petit point s'impose sur nos revues musicales que nous nous empressons de dévorer dès le premier jour de parutions. Commençons par le coup de gueule, Rock'n Folk. Il est amusant de palper la fièvre du passionné fondateur dans son ouvrage chroniqué par Muzik In Mars, "Mémoires de Rock et de Folk". Une fièvre teintée d'urgence de partages sonores qui a bercé des années de ma vie. Jusqu'au mois de Juin 2007, date qui lance le début pour un an d'abonnement à ce mensuel culte. Le même mois, j'apprends que le rédacteur en chef, Philippe Manoeuvre, se convertit à la télé réalité, en intégrant l'équipe du jury de l'émission phare de M6. Premier Gloups qui fait suite à une pilule mal avalée. Une pilule qui revendique la renaissance du rock français avec le parrainage de Rock'n Folk pour les groupes comme les Plastincines, les Naast ou les BB Brunes. Groupes, je précise, dont j'ai pu découvrir l'étendue des dégâts en écoutant leurs indigestes réalisations. Dernier Gloups en date, après avoir attendu que mon mensuel me parvienne (j'ai commencé à recevoir la revue au mois de Septembre, alors que le chèque a été encaissé au mois de Juin), je reçois avec mon exemplaire d'Avril 2008 un courrier me prévenant que mon abonnement d'un an arrive à son terme et que Rock'n Folk me propose une offre de renouvèlement d'abonnement tout à fait exceptionnel...
Mais ils se foutent de ma gueule !!!
Mise à part ces faits et cette politique de communication quelque peu douteuse, je me permet de faire le point sur les couvertures et dossiers de ce magazine qui étaient au tout début de son histoire, un rendez vous pour les amoureux de nouveaux sons.
Septembre 2007 : Amy Winehouse, en plein vent médiatique et après la vague...
Octobre 2007 : Joy Division, avec une photo d'un Ian Curtis enterré depuis quelques temps...
Novembre 2007 : Neil Young ressuscité des années 70...
Décembre 2007 : Pete Doherty, en plein vent médiatique et après la tempête shakespearienne...
Janvier 2008 : Le tout frais défunt Fred Chichin, paix à son âme...
Fevrier 2008 : Daniel Darc qui hurle haut et fort qu'il est une légende proche de la fin...
Mars 2008 : Sid Vicious enterré, lui aussi, avec une pinte et son cuir...
Avril 2008 : Un groupe méconnu de tous, les Rolling Stones ...

Assez, ça suffit de ce plat qui sort du congello (ou du cimetière) et que l'on réchauffe dans ce four micro-onde pas lavé depuis son acquisition et qui sent le Retour Des Morts Vivants !!!

Vous voulez du sang neuf ?
Je vous propose de vous tourner vers la Revue de la Pop Moderne. C'est ainsi qu'elle se proclame, et par sa mise en page, son choix rédactionnel, je confirme la propagande. Il s'agit du mensuel Magic. Désormais, vous saurez quelle revue demander à votre kiosque qui s'ennuie, malheureusement, de plus en plus...

lundi 12 mai 2008

The Kills : Midnight Boom



Il y a de tout chez ces deux musiciens de génie. On croise des titres punk qui auraient copulés avec un groove de blanc-bec désarticulé, sur la route autre fois empreintée par une PJ Harvey alors épaulée d'une guitare à 4 cordes.
The Kills, c'est un guitariste anglais, Jamie « Hotel » Hince, et une voix américaine, Alison « VV » Mosshart. La rencontre fut fortuite, nos deux musiciens se sont croisés dans un hôtel. Tous deux étaient en tournée avec leurs groupes respectifs. C'est en rejoignant sa chambre que le guitariste fut subjugué par la voix de l'américaine alors qu'elle chantait dans sa chambre attendant le début de sa prestation. Ils échangèrent leurs coordonnées, et durant quelques mois s'envoyèrent des maquettes par courrier.
En 2001, ils sortent leur première démo qui est accueillie par une ovation de la presse spécialisée. Ils signent chez Domino Recording et se lance dans la réalisation de leur premier opus, "Keep on Your Mean Side". Les journalistes les compare au White Stripes, tout en remarquant la patte sonore de ce duo qui ne fait rien comme les autres. Leurs prestations sont étonnantes, VV ne pouvant s'empêcher de fumer, de boire, lui arrivant même de vomir tout au long de certains concerts...
Sort en 2008, "Midnight Boom", un album qui mixe tous les genres musicaux chers au duo. Les titres sont de vraies bombes pops avec des arrangements basiques, créant un groove unique. Le son est tout simplement énorme. Et même si sur certains titres, comme "Black Balloon", la référence à Garbage peut sembler trop évidente, la signature sonore est bien marquée du sceau de The Kills.

The Kills : U.R.A. Fever


The Kills : Black Balloon



Le Site Officiel: www.thekills.tv
La Page Myspace: www.myspace.com/thekills

dimanche 11 mai 2008

John Mayer : Where The Light Is



Et voici l'actu du plus méconnu des artistes américains sur notre sol français. John Mayer nous propose de le retrouver sur un DVD live qui permettra à ceux qui ne le connaissent pas encore de découvrir son univers. Du trio rock avec le John Mayer Trio, à la session acoustique en passant par un live pop, tout est de bon gout, et tout me séduit.
Bonne découverte, la sortie de "Where The Light Is" est annoncée pour le 1er Juillet. Nous aurons la possibilité d'acquérir le DVD et le CD de ces trois prestations complémentaires...

Kings Of Convenience : Riot on an Empty Street



Il est assez intrigant de noter que les duos sont faits pour sauter en l'air passé une certaine période. Je désire m'entretenir de la vie des duos musicaux masculins. Il y eut pour commencer l'harmonie parfaite de Simon And Garfunkel, une collaboration qui propulsa les deux voix au firmament de la folk song américaine et qui se scratcha en l'air loin des étoiles. Les reformations financières n'amenant que nostalgie un peu passée et laissant un goût de "C'était Mieux Avant" pas si enthousiasmant. Il y eut le penchant pop anglais avec les très eighties Tears For Fears qui terminèrent leur chemin avec un "Everybody Loves An Happy Ending" assez écœurant. Nous pouvons citer ici le duo Ben And Jason qui décida d'interrompre son voyage de noce vers les belles mélodies pour des projets solos aussi décevants, que surestimés.
Et puis il y a ces deux norvégiens, Erlend Øye et Eirik Glambek Bøe. Ces deux intellectuels qui se croisèrent à une compétition de Géographie qu’Erlend remporta en dessinant un planisphère de tête. C'est dire le côté uncool de ces deux complices. Pour autant ils allaient écrire une partie de la récente histoire des talentueux mélodistes pops de notre tout nouveau siècle. Leur projet musical prit le nom de Kings Of Convenience.
"Riot on an Empty Street" sort en 2004, il est enregistré à Londres. Ville où nos deux voix norvégiennes ont élu domiciles après le succès de leur première galette, "Quiet Is The New Loud". Les douze titres qui habitent cet opus sont des leçons d'harmonie et d'arrangements. Il y a de la magie popisante dans cet opus qui propulsa le duo vers les sommets. À noter la participation de Feist sur deux titres.
Mais voilà, une fois de plus, monts et merveilles ont donné des vertiges de grandeur à l'un des deux compères qui décida de se lancer dans une carrière solo et de s'établir à Berlin. Erlend, vainqueur du concours de Géographie se lance, laissant de côté son acolyte, Eirik. Pauvre Eirik qui, se sentant seul, rejoigna la belle canadienne Feist et posa sa voix sur le succesfull "The Reminder". À ce jour, Eirik a récemment eut son master de psychologie à l’Université de Bergen. Sa thèse était "De quelle manière l’architecture affecte l’esprit humain". Petite info qui me permet de finir sur une note uncool, mais tellement appropriée à l'un des deux membres d'un duo musical masculin...
Pour autant, le duo persiste. La formation est sur les routes européennes. Si vous êtes sur leur chemin, n'hésitez pas une seule seconde, foncez et priez qu'ils n'aient pas d'idées de se séparer...

Kings Of Convenience : Know How


Le Site Officiel: www.kingsofconvenience.org
La Page Myspace: www.myspace.com/kingsofconvenience

The Notwist : Shrink



Souvenez vous, je vous proposais il y a quelques jours la chronique d'un opus signé Console. Martin Gretschmann, clavier et tête pensante de ce combo munichois fait aussi parti de The Notwist. Quatuor qui m'a permis de me réconcilier avec la musique allemande trop souvent accolé à l'épouvantable coiffure d'un hérisson prépubère.
Le son de The Notwist évolue d'albums en albums. Il peut sonner post punk sur très saturé opus éponyme et premier du nom. Mais il peut surprendre dans l'expérimental sur le prodigieux "Shrink". Une galette qui oscille entre les boucles à la Autechre et des arrangement plus pop. On croise sur la route de ces 10 titres, des textures sonores proches d'un jazz novateur avec de longues plages musicales évoluant aux comptes-goutes.
Un album qui surprend est un album qui mérite d'être écouté et réécouté. Pour autant la discographie de The Notwist n'a pas le même équilibre. Il est à noter, qu'hormis cette galette à l'artwork bleu nuit, le reste est largement en dessous.
Pour info, le très attendu "The Devil, You + Me", dernière production du quatuor, sort demain...

The Notwist : Electric Bear


Le Site Officiel: www.notwist.com
La Page Myspace: www.myspace.com/thenotwistnow

lundi 5 mai 2008

The Last Shadow Puppets : The Age Of ...



"The Age Of The Understatement" est un boomerang générationel. Nous le savons depuis un bon bout de temps, la vie n'est qu'un perpétuel recommencement. La roue tourne, le diamètre n'est pas si impressionnant que ce que l'on aimerait croire.
The Last Shadow Puppets est le covoiturage des deux voix de la pop anglaise teenage qui a su remettre à la mode le slim, le rock et qui permet à toute la génération des teens qui a vu le jour dans les années 80 de retomber dans la nostalgie du disque vinyl. Ces mêmes mélomanes acnéens retrouvent ainsi le chemin d'un disquaire en perte de vitesse et dont le moral se trouvait dans ses chaussettes dépareillées. Je ne parle pas pour ma gouverne, je n'ai jamais été aussi heureux qu'en ce moment...
Alors Alex Turner des Artic Monkeys et Mike Kane des Rascals forment un duo au service de chansons que l'on pourrait trouver dans un bon Stones des années 60.
Il est assez amusant de se dire que quarante ans après Mai 68 dont on ne cesse de nous rabattre l'histoire, l'industrie musicale nous propose sa relecture.
Mais n'y voyez pas un post second degrés d'un récalcitrant aigris. Je trouve cet album plein de charmes, de classes et d'un certain point de vue, il trônerait parmi mes préférés dans le cru bien avancé de l'an 2008. Plus de débat possible, j'adhère...
"L'Age de la Sousestimation" n'est pourtant pas pour ces Dernières Marionnettes de l'Ombre. Je ne parlerai pas non plus de surestimation car les titres sonnent comme on aimerait entendre sonner la plupart des sorties musicales. Les arrangement orchestraux d'Owen Pallett sont en grande partie la clef de la réussite de ce disque.

The Last Shadow Puppets : Only The Truth


Le Site Officiel: www.theageoftheunderstatement.com
La Page Myspace: www.myspace.com/thelastshadowpuppets

dimanche 4 mai 2008

Candi Staton, La Soul Au Féminin



Plus d'acrobatie pour la journée. Le bloguer jongleur que je suis s'est foulé un muscle. Je reste donc dans les voix chaudes que L'Amérique nous offre, comme on offre un chocolat.
Candi Staton pourrait être la grande sœur de Sharon Jones. Elle est, en tous cas, celle qui traversa les périodes, en vivant au jour le jour l'évolution de ce que j'appelle la Black Music. Elle commence sa carrière de chanteuse dans le registre du Gospel dans les années 60. Elle prend un tournant Soul avec sa signature pour le label Fame au début des années 70. Elle devient Disco en ralliant la maison Warner en 1974. Le disco s'éteint peu à peu au milieu des années 80. Candi Staton se retourne vers le Gospel. Aujourd'hui agé de 68 ans, c'est une grande dame de la musique que l'on retrouve avec cette compilation de ses meilleurs titres de la période Soul. Le label Fame a rallié Capitols Reccords. Le label nous propose avec ces 26 titres enregistrés entre 1969 et 1974, une collection de perles. Des bijoux qui sont à mettre en évidence face aux navrantes réalisations qui suivront.

Candi Staton : The Thanks I Get For Loving You

Sharon Jones : Dap Dippin With ...



Spéciale dédicace aux amateurs de grands écarts. Passer de "Third" à ce swinguesque opus de Sharon Jones And The Dap Kings relève du plus extraordinaire exercice d'acrobatie. Au fait, le cirque Pinder est à Marseille, aurait il besoin d'un funambule ?
Le funk est une fois de plus au rendez vous avec Sharon. "Naturally", son deuxième album était une claque. Ce premier album, enregistré en 2002 est la genèse de ce vaccin contre la morosité.
Le son, parlons un tout petit peu de ce son qui n'a rien à voir avec les productions RnBisantes que les chaines dites musicales nous servent à longueur de journée. Le son est comme New York, ville ou tout peut arriver, sanctuaire du pire mais aussi du meilleur. Le meilleur est condensé dans ces onze plages musicales aux accents groovesques si chers à mon cœur. C'est donc à Brooklyn qu'enregistrèrent les Dap Kings ce premier et majestueux opus de la voix soul qui porte le nom de Sharon Jones.
Cet album, j'ai mis plus de deux ans pour mettre la main dessus. Il ne me reste plus que le troisième et dernier opus en date à acquérir. Une mission quasiment impossible. Mais vous commencez à me connaitre, j'adore relever les défis...
Pour les frustrés qui ne sauraient oû se procurer leur album 100% Funk, je vous invite à vous dandiner sur les titres que je mets à votre disposition.
Let's Funk The Funk !!!

Sharon Jones : The Dap Dip


Sharon Jones : Give Me A Chance

Portishead : Third



Allez donc savoir ce qui peut vous tomber sur la tête un Dimanche matin en plein marché dans un village provençal. Pouvions nous prévoir ce qui se passerait en appuyant sur la touche Play du lecteur lorsque le troisième opus du combo bristolien fut inséré ?
Non .
Certainement Pas.
Même le "Machin Gun" était une ruse, un indice auquel on avait dès son écoute portait trop d'intérêt. Cet album n'est pas un album de Portishead. Cet album est l'album de Portishead version "dix ans dans les dents". Il est l'album de Portishead le plus sombre, le moins lisible, le moins évident, et donc le plus formidable car porté par la vision de ces musiciens qui se croisèrent dans les bureaux livides de l'ANPE anglaise.
Ce disque est , comme tout opus qui clôture une trilogie, le plus personnel.
Dix ans de mutisme pour accoucher de ce chamboulement sonore, loin des rythmes en sourdines qui habitaient les deux premières galettes. On empreinte les codes mais on détruit la route qui mène à l'évidence. Que c'est osé, que c'est gonflé, et que c'est réussi !!!
Les mélodies sont toujours aussi peu faciles, mais tellement accrocheuses. Des mélodies déguisées en arracheuses de dents sans anesthésies générales.
Dans les années 90, nous écoutions Portishead en nous disant que leur musique était sombre et que notre monde semblait tout de même bien plus lumineux. Aujourd'hui, à l'écoute de cette obscure et dramatique musicalité, nous ne pouvons même plus nous raccrocher à l'euphorie de notre pauvre monde. Mais alors, après avoir anticipé notre avenir, Portishead serait devenu la bande originale de notre planète malade ?
"Third" n'est pas à prescrire à un dépressif. Le soleil doit être de la partie pour une première écoute. Dans le cas contraire, après l'écoute de ce ras de marrée névrotique, précipitez vous sur le dernier Madonna pour voir que le rien est encore plus tragique... Vous écraserez le trop plein de sucre avarié et vous rempilerez pour une deuxième dose de "Third".

Portishead : The Rip